Silence ça touille : La vie d'artiste avec scampi fritti
Publié le 01/04/2025
Silence ça touille, la chronique cinéma et cuisine de Christophe Casazza avec trois nouveaux films et un extrait de La vie d'artiste (où jouait Émilie Dequenne) avec des scampi fritti.
par Christophe Casazza
En entrée, Régis Warnier vous propose La réparation, un film concocté à l’aide d’une bonne dose de secrets de famille saupoudrés d’exquis rebondissements. Ce savant mélange a vraiment bon goût, surtout si on a envie de passer une soirée à se malaxer les méninges. Et si vous n'avez pas tout compris, pas de panique, vous n'êtes pas le seul ! Après tout, comme disait Einstein, 'Seules deux choses sont infinies, l'univers et la bêtise humaine... mais en ce qui concerne l'univers, je n’en ai pas encore acquis la certitude absolue !' Quoi qu’il en soit, le plus important n’est pas la réponse, mais la question… alors, prenez votre kit de survie pour les nœuds au cerveau et allez voir ce film dont certaines scènes ont été tournées en Bretagne, au fameux Moulin de Rosmadec, restaurant emblématique de Pont-Aven. Pour mieux comprendre le fonctionnement d’une brigade, Clovis Cornillac et Julia de Nunez, les comédiens du film, y ont passé du temps en cuisine, sous la houlette de Sébastien Martinez, maître queue des lieux.
En plat de résistance, du 3 au 8 avril 2025, je vous propose de rencontrer Alain Kassanda et de savourer son formidable documentaire Coconut head generation. Imaginez une bande d'étudiants nigérians qui, au lieu de réviser leurs partiels, se donnent rendez-vous tous les jeudis pour un ciné-club. Mais attention, pas n'importe quel ciné-club. Ici, on ne se contente pas de regarder des films en mangeant du pop-corn. On décortique, on analyse, on débat... Bref, on refait le monde ! Ces jeunes, qu'on surnomme affectueusement les « têtes de coco » (parce qu'ils sont têtus, paraît-il), transforment un simple amphi en véritable agora politique où l’on critique le gouvernement et où on dénonce les injustices. C’est un documentaire à la fois drôle, touchant et engagé. Pour tout savoir sur ces projections, il vous suffit de faire un petit tour sur le site de l’association Cinéphare, qui organise cet événement ou de vous rendre le 3 avril à 20 h au Katorza à Quimper.
Comme dessert, je vous propose Bergers de Sophie Deraspe ou comment un publicitaire montréalais découvre que les moutons ne sont pas des nuages comestibles.
Au menu : un publicitaire en crise existentielle qui devient berger de 800 moutons qui ont leur propre interprétation de la liberté. Une ex-fonctionnaire qui découvre que les ovins n'ont pas de formulaire administratif. Des paysages magnifiques qui vous feront oublier les embouteillages et qui vous donneront envie de troquer votre canapé contre un bâton de berger. Et beaucoup, beaucoup de laine. Bref, Bergers, c'est la belle histoire d'une reconversion improbable, d'une rencontre improbable, et d'une aventure qui prouve que parfois, les moutons peuvent être les meilleurs potes du monde.

Ciné-bouffe avec La vie d'artiste et des scampi fritti
Pour la soirée ciné-bouffe, j'avais envie de rendre un petit hommage à Émilie Dequenne, j’aurais pu choisir Rosetta des frères Dardenne, mais à part des scènes de gaufres et de pain perdu, la table est aussi déprimante que le film. Plongeons-nous plutôt dans La vie d'artiste de Marc Fitoussi, ou Comment trois artistes doivent jongler entre les rêves et la réalité, sans faire tomber les quilles ? On les accompagne dans leurs galères, leurs moments de doute, mais aussi leurs instants de bonheur et de complicité. La vie d'artiste nous rappelle que la vie d'artiste n'est pas toujours un long fleuve tranquille. Dans la scène de table qui nous intéresse, on retrouve Alice (Sandrine Kiberlain), Bénédicte (Solenn Jarniou), et Stéphane Guillon en raseur. Tous les trois déjeunent, entre deux doublages de film d’animation coréen, dans une pizzeria. On sent que Bénédicte est à deux doigts du burnout et ce qui devait arriver arriva.
La scène
Stéphane : (très enthousiaste, et saoulant)
- Qu’est-ce qu’ils sont bons les scampi fritti. À la base, la pâte est super légère, croustillante. Les pizzas aussi, elles ont l’air vachement bien ! C’est dingue, faut être à Nanterre pour bien manger italien. Quand je bossais dans le huitième, il n’y avait pas un restaurant potable. On avait finalement trouvé un troquet pas mal, mais super cher il fallait mettre trois tickets pour avoir un croque et pas madame, un croque sans œufs Basique. Tu vois ?.
Alice : (blasée par le monologue de Stéphane)
- Tu prendras un dessert ?
Stéphane :
- Ouais ouais, j’ai encore la dalle, je trouve que ça creuse le doublage. C’est très très physique mais moi j’adore tout ce qui est un peu fun comme ça, les scènes d’action.
Bénédicte : (On sent qu’elle n’est pas bien, elle finit par craquer)
- T’as pas envie de fermer ta gueule ?
Stéphane : (offusqué)
- Pardon ?
Bénédicte : (encore plus énervée)
- Tu me fais chier, tu comprends ? Vous me faites tous archi chier !
Elle se lève et renverse violemment la table du restaurant et s’en va. Stéphane et Alice restent là, médusés.
La recette des scampi fritti
On commence par préparer une sauce tartare. C’est une mayonnaise dans laquelle on ajoute à la fin un oignon haché, de la ciboulette, le jus d’un citron demi-citron, du sel et du poivre. On prend le corps de 16 langoustines cuites que l’on enfile sur des petites brochettes. C’est plus facile à attraper pour les plonger dans de la farine, de la chapelure, et des œufs battus, salés et poivrés, avant de les plonger dans de l’huile bien chaude. On les fait frire 3 à 4 min. On les égoutte à l’écumoire sur du papier absorbant. Il n’y a plus qu’à les manger en regardant cette amusante comédie en replay sur France TV.