Nouvelle enquête de Splann! : "Littoral breton : la tentation du béton"
Publié le 14/03/2025
Depuis 2014, plus de 4000 hectares de terres ont été artificialisées le long des côtes bretonnes : les élus locaux exploitent les failles de la loi Littoral.
Splann !, média d’investigation indépendant en Bretagne, publiait le 16 janvier 2025 une nouvelle enquête : « Littoral breton : la tentation du béton ». Une enquête en cinq volets, menée par Denis Vannier et Jérémie Szpirglas, qui révèle que c'est environ 4000 hectares de terres agricoles et naturelles qui ont étés dévorés progressivement par le béton ces dix dernières années le long des côtes bretonnes. Ils rendent visible, grâce à une carte interactive et des données publiques, un processus continu de multiplication des constructions sur le bord de mer.
source : IGN, Cerema, Base Sitadel - Méthodologie - Cartographie et développement : D. Vannier. capture d'écran de la carte interactive réalisée par Denis Vannier, consultable en ligne sur le site de Splann! : https://splann.org/wp-content/uploads/2025/01/CARTO_LITTORAL_EXPLORE
Plus on s'approche de la mer, plus l'âge moyen augmente
Une logique de bétonisation et des permis de construire délivrés et expliqués par des élus pour dynamiser leurs communes. Pourtant, si les communes du littoral s’étalent et se « bétonisent », elles ne gagnent pas systématiquement en habitant.e.s en raison notamment d’une population vieillissante et de résidences secondaires. Les résidences secondaires participent aussi à l'augmentation du prix du foncier et poussent les populations plus jeunes dans les terres. Plus on s'éloigne du littoral, plus l'âge moyen baisse.
La loi Littoral de 1986 insuffisamment précise pour lutter contre l'artificialisation
La loi Littoral de 1986 possède des failles qui limitent un impact conséquent sur ce processus d'artificialisation. L'enquête met aussi en relief les manquements politiques au niveau de l'état comme des élu.e.s locaux.
Ce sont aussi de gros problèmes écologiques que pose cette artificialisation, grignotant espaces naturels, souvent préservés et terres agricoles indispensables à une production locale. Obligeant aussi les populations plus jeunes travaillant sur le littoral et qui ne peuvent s'y installer, manque de moyens, à prendre davantage leur voiture. Des conséquences inquiétantes sur la biodiversité que cette loi Littoral, initialement créée pour protéger les espaces naturels côtiers, ne suffit pas à ralentir ou éviter.
Vous pouvez retrouver le dossier enquête sur Splann.org